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MONOGRAPHIE PLANTE
Hypericum perforatum L.

Plante majeure

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Désignations vernaculaires
Millepertuis, Millepertuis perforé, Herbe de la
Saint Jean, Sang de la Saint Jean, Herbe à mille trous,
Chasse diable, Herbe aux fées, Herbe aux brûlures, Herbe
aux mille vertus


Hypericum perforatum L.
Désignation anglaise
St. John's Wort


Partie utilisée
Sommités fleuries


Origines courantes
France, Europe, Asie occidentale, Afrique
du Nord-Ouest


Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Theales
Famille : Clusiaceae
Genre : Hypericum


Habitat et description botanique
Hypericum perforatum est une plante herbacée vivace de 40 à 80 cm de haut. Ses nombreuses petites feuilles ovales, opposées et sessiles possèdent des petites glandes translucides, comme des trous lorsqu'on les observe par transparence, ce qui lui a donné son nom. Ses fleurs ont cinq pétales d'un beau jaune vif et de nombreuses étamines, elle sont groupées en cymes terminales. Lorsque l'on presse les boutons floraux ou les fleurs, il s'en extrait un pigment rouge (hypéricine) qui colore le doigts. Ses fruits sont des capsules rougeâtres à trois cornes qui éclatent à maturité en libérant un grand nombre de petites graines.
Aimant le soleil, on la trouve souvent au bord des chemins ou sur des terrains incultes.


Période de cueillette
Les fleurs se récoltent dès le début de la floraison ainsi que les boutons floraux, c'est à ce moment qu'elles contiennent un maximum de principes actifs. La floraison est souvent effective autour du solstice d’été ou de la fête de la Saint-Jean, le 24 juin (d'où un de ses noms). On dit que c'est à cette période de l'année que les forces de la nature sont à leur apogée.


Mythologie / histoire / anecdotes et vertus tradionnelles
Une légende raconte que le diable voulait détruire cette plante en la perçant d'une aiguille et que Dieu l'aurait sauvée, mais elle garde les stigmates de cette "attaque" avec son apparence perforée que l'on retrouve dans son nom latin "Hypericum".
Dans l'Antiquité, le Millepertuis était considéré comme pouvant repousser les esprits maléfiques, il était appelé "Fuga demonium" ("chasse diable").
Les médecins grecs de l'époque lui attribuaient des vertus diurétiques, antinévralgiques et anti-infectieuses et l'utilisaient en cas de brûlures, sur les morsures de serpents et dans le traitement de la sciatique.
Au début du christianisme, on exsudait son "huile rouge" à la fête de la Saint Jean Baptiste en commémoration de son supplice, une légende rapportant que le sang jaillissant de la tête du saint aurait marqué de "mille pertuis" rouges ses fleurs, l'extrait lipidique servant à panser les plaies. Le millepertuis honorait les créatures solaires et exhalait une odeur de sainteté qui rappelle l'encens. Depuis, il est brûlé dans les feux de la St Jean, jour proche du solstice d'été, jour culminant de la force de la lumière et de la chaleur, pour purifier l'air et exorciser les démons.
Paracelse l'utilisait dans de nombreux traitements cutanés et le surnommait "l'arnica des nerfs". Ambroise Paré le conseillait en chirurgie pour "les blessures profondes et celles qui traversent le corps". Traditionnellement, il était aussi préconisé dans les affections pulmonaires contre la bronchite ou l'asthme. Il est aujourd'hui connu et utilisé pour lutter contre la dépression et autres troubles psychologiques.


Constituants biochimiques
- Quinones (naphtodianthrones) : hypéricine (pigment rouge), hypérine (pigment jaune)
- Flavonoïdes : biapigénine, quercétine, rutine
- Composés phénoliques : hyperforine (dérivé du phloroglucinol)
- Tanins
- Xanthones
- Huile essentielle


Propriétés organoleptiques
Odeur : balsamique
Saveur : aromatique, astringente, amère


Hypericum perforatum L.
Propriétés en aromathérapie scientifique
Voie interne:
- Anti-dépresseur
- Antalgique
- Anti-inflammatoire
- Anti-infectieux, antiviral, antibactérien
- Antioxydant
- Antispasmodique
Voie externe :
- Anti-prurigineux
- Vulnéraire, cicatrisant, régénérateur cutané
- Anti-inflammatoire
- Antalgique
- Astringent
- Antiseptique


Indications traditionnelles
Voie interne :
- Etats dépressifs légers à modérés, dépression saisonnière, lassitude nerveuse, anxiété
- Troubles du sommeil
- Enurésie, bégaiement, peur du noir, cauchemar chez l'enfant
- Refroidissements hivernaux
- Inflammation et spasmes des muqueuses gastriques et intestinales
- Dysménorrhées
Voie externe :
- Douleurs articulaires et musculaires, douleurs dorsales, sciatique, douleurs névralgiques liées à des nerfs endommagés (douleurs profondes et sensations de brûlure émanant de la colonne vertébrale lorsque l'on appuie dessus)
- Brûlures, plaies superficielles, crevasses, gerçures, piqûre d'insecte, douleurs de type perforation ou écrasement (comme un doigt coincé ou perforé avec une écharde ou autre objet), démangeaisons, ecchymoses, zona, herpès


Conseils d'utilisation / Posologie courante
Voie interne :
- En infusion : une cuillère à soupe pour une tasse, infuser 10 min, boire 3 tasses par jour.
- En teinture-mère ou extrait fluide, EPS : en TM 60 à 200 gouttes par jour en deux prises minimum, en EPS une à deux cuillères à café par jour
- En extraits hydro-alcooliques standardisés en hyperforine et hypéricine (gélules, comprimés) : en cures de plusieurs mois, respecter des fenêtres thérapeutiques.
Voie externe :
- En macérât huileux : en massage des zones douloureuses.
- En teinture-mère (en compresses)


Précautions d'emploi / Contre-indications
Voie interne :
- Il existe un certain nombre d'interactions médicamenteuses possibles avec cette plante prise par voie orale (notamment les médicaments à faible marge thérapeutique avec risque de diminution des concentrations plasmatiques et de l'effet thérapeutique de ces médicaments (et l'effet inverse avec l'arrêt brutal de la prise de millepertuis), comme certains médicaments prescrits dans les maladies cardiaques, antirétroviraux, immunosuppresseurs, anticoagulants, contraceptifs oraux, anxiolytiques type benzodiazépines, etc.).
- Ne pas associer le millepertuis avec des médicaments anti-dépresseurs de type "inhibiteurs de la recapture de la sérotonine).
- On peut retenir qu'il est toujours recommandé de demander un avis médical avant son utilisation, notamment lorsqu'un traitement médicamenteux est en cours.
Voie externe :
- Le millepertuis contient des molécules photosensibilisantes (hypéricine), ne pas s'exposer au soleil après application d'une préparation huileuse à base de millepertuis.


En savoir plus
Depuis quelques dizaines d'années, il est surtout étudié pour son application dans les pathologies neuro-psychique, agissant notamment de manière très spécifique dans les dépressions de l'adulte entre autre. Il aurait une action inhibitrice de la mono amine oxydase, inhibant la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, mais aussi de la dopamine, du GABA et du L-glutamate. Il s'en suivrait une augmentation de la dopamine et une stimulation de la synthèse de la mélatonine.
Certains considèrent également le millepertuis très intéressant pour la détoxification hépatique et les problèmes hépatiques et digestifs. En effet, il accélère la détoxification hépatique en augmentant l'action de certaines enzymes utilisées pour métaboliser médicaments, drogues, hormones et polluants dans la circulation sanguine. Ceci explique en outre ses interactions possibles avec les médicaments.

Conseils pour réaliser un macérât huileux de Millepertuis :
- Cueillir les fleurs et les boutons floraux une journée chaude et ensoleillée, de préférence le matin.
- Compter environ 300 g de fleurs pour 1 L d'huile végétale (olive, tournesol, noyau d'abricot, etc.)
- Mettre les fleurs dans un bocal en verre, puis recouvrir avec l'huile végétale choisie en veillant à ce que l'huile recouvre la totalité des fleurs.
- Exposer au soleil quelques heures par jour (matin ou fin de journée de préférence), pendant 3 à 6 semaines.
- Agiter le mélange pendant la période de macération.
- Filtrer avant de verser dans un flacon en verre teinté et bien boucher.
- Noter la composition ainsi que la date de fabrication sur une étiquette ajoutée sur le flacon.


À retenir
Le millepertuis qui fleurit autour du solstice d'été est la plante solaire par excellence qui met du soleil dans la vie de qui l'invite. Aujourd'hui principalement connu pour son action par voie interne sur les troubles dépressifs, soignant les "bleus de l'âme", il a de nombreuses autres vertus. C'est aussi la plante des douleurs névralgiques, utilisé par voie externe en macérât huileux. Par voie externe, il cicatrise les maux du corps (blessures, douleurs, brûlures, etc.).
Belle plante à connaître et utiliser, il est toutefois important de se référer aux précautions d'emploi le concernant, il peut en effet être à l'origine d'interactions médicamenteuses par voie interne et son huile est photosensibilisante.


Références / Bibliographie
- Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
- Se soigner par les plantes–Dr Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
- De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et tradition–P. Depoërs, F. Ledoux, P. Meurin–Editions Amyris
- https://www.altheaprovence.com/millepertuis-hypericum-perforatum/




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Les informations proposées dans la Médiathèque Myrtéa formations sont synthétisées notamment à partir de livres de référence et ne doivent en aucun cas se substituer à un avis médical ou servir d'outil de diagnostique.




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